
« Je crois que nous faisons la différence grâce à un endroit comme le Terminal 1. »
Au terminal 1, des bénévoles comme Berit créent un espace de liberté pour les anciens toxicomanes.
Par Rikke Steenbech
Chaque lundi, d'anciens toxicomanes peuvent se rendre au Terminal 1. Avec l'aide de bénévoles, ils cuisinent, font du yoga ou peignent. Leurs œuvres sont ensuite exposées sur les murs.
Voici ce qu'explique Berit, chef d'équipe au Terminal 1 et bénévole à la Croix-Rouge depuis 13 ans. Les lundis après-midi au Terminal 1 contrastent fortement avec son travail chez Novo Nordisk et lui donnent le sentiment d'être utile.
« Il y a des gens qui apprécient ma présence ici. Je remarque aussi que si je rentrais directement du travail, il me manquerait quelque chose, car je suis heureuse d'être ici, et cela me donne beaucoup d'énergie », explique Berit, avant de poursuivre :
Je rencontre des gens que je n'aurais pas forcément choisi de rencontrer, et qui ont quelque chose de différent à offrir. J'acquiers ainsi de nouvelles perspectives sur la vie.
« Si cet endroit n'avait pas existé, je serais assis sur un banc à boire. »
Ce qui a surpris Berit, c'est la franchise des utilisateurs quant à leur situation. Nombre d'entre eux ont connu une vie difficile, et Berit constate qu'ils sont disposés à partager leur vécu.
– Parfois, nous discutons d'autre chose, et puis soudain, un sujet important nous échappe. Parfois, lors de conversations plénières avec les participants et les bénévoles, quelqu'un se confie soudainement.
Pour Berit, cela témoigne d'une grande confiance, et nombre de conversations avec les participants l'ont marquée. Mais un épisode en particulier reste gravé dans sa mémoire.
Quelqu'un m'a dit : « Si cet endroit n'existait pas, je m'assiérais sur un banc pour boire un verre. » Ça confirme qu'on a de la chance d'avoir des endroits comme celui-ci. Je crois que ça vaut vraiment le coup d'entendre ce genre de commentaires, dit-elle.
Selon Berit, cette confiance pourrait s'expliquer par le fait que les participants ont l'impression que le Terminal 1 ne ressemble pas aux institutions qu'ils côtoient souvent dans leur vie quotidienne.
– Il peut s'agir des agences pour l'emploi, de la mairie ou d'autres lieux qu'ils perçoivent comme très institutionnels. Mais c'est précisément ici qu'ils ont le sentiment d'être un peu comme chez eux, explique Berit.
Comment est le terminal 1 ?
Lundi à 16h, le Terminal 1 ouvre ses portes et, en collaboration avec les bénévoles, les tâches de la soirée sont réparties : certains cuisinent, d'autres mettent la table, tandis que d'autres encore font le ménage.
« On dit généralement que ce sont les participants qui devraient gérer ces activités, mais nous sommes là pour faciliter les choses. Bien sûr, nous aidons à la cuisine, mais c’est un lieu où l’on pratique, où l’on est et où l’on apprend, alors nous aimerions qu’ils prennent des responsabilités et fassent preuve d’initiative », explique Berit.
Outre la cuisine, les bénévoles et les participants jouent généralement aux cartes, certains font du piano, tandis que d'autres peignent. Parfois, certains participants reçoivent également de l'aide pour utiliser un ordinateur, par exemple s'ils doivent postuler à un emploi.
« De plus, je propose une technique appelée NADA. Il s'agit d'une forme d'acupuncture auriculaire qui consiste à stimuler des points précis de l'oreille à l'aide de fines aiguilles. Cette technique est utilisée chez les personnes souffrant de dépendance à la drogue ou à l'alcool. Elle est d'ailleurs couramment employée dans les centres de désintoxication, et nous la proposons également ici le lundi », explique Berit.
En moyenne, trois bénévoles sont de service chaque lundi, et Berit y est présente un lundi sur deux. Pour elle, l'esprit de communauté qui règne parmi les bénévoles est également essentiel à son engagement au Terminal 1.
D'un point de vue plus personnel, on pourrait dire que je ressens aussi un sentiment d'appartenance à une communauté parmi les autres bénévoles. On fait des choses ensemble parce qu'on est tous différents, et je trouve ça enrichissant.
Un nouveau réseau et une opportunité de réussir
L'objectif du Terminal 1 est d'offrir aux utilisateurs la possibilité de construire un nouveau réseau et de vivre une expérience de réussite.
« On peut trouver des gens avec qui aller au cinéma ou faire d'autres activités. Chacun a sa propre réussite. Pour l'un, se désintoxiquer est une réussite, pour l'autre, c'est faire des études, et pour un troisième, peut-être trouver un emploi. Ils ont donc des réussites différentes, et on suit un peu leur parcours. Et je trouve ça plutôt bien », dit Berit.
Berit constate que certains participants reviennent prendre un café après avoir quitté le Terminal 1, tandis que d'autres reviennent parce qu'ils ont de nouveau rencontré des difficultés.
– Je trouve ça plutôt bien, car ça montre qu'ils ont confiance en cet endroit et qu'ils ont vraiment envie d'y être. Ils savent qu'ici, on ne porte pas de jugement. Chacun peut apporter ce qu'il a à offrir.
Berit espère que les participants quitteront le terminal 1 avec le sentiment que quelqu'un leur souhaite bonne chance.
Beaucoup d'entre eux ont connu échec sur échec. Mais ici, on a vraiment envie de faire quelque chose et de leur redonner confiance en eux. Et puis, j'ai vu de belles réussites ici, et c'est pourquoi je crois aussi que nous faisons la différence grâce à un endroit comme le Terminal 1.
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