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Capitale de la Croix-Rouge

Par Rikke Steenbech

Il y a quelques années, Marianne Berg est tombée malade, ce qui l'a physiquement empêchée de faire autant de choses qu'avant. Elle a donc dû trouver une occupation et s'est dit qu'à défaut, elle pourrait s'asseoir à côté de quelqu'un.  

Cela l'a amenée à rejoindre le service de veille de la Croix-Rouge danoise. Là, elle n'était pas censée prendre de décisions, mais seulement se concentrer sur sa présence. Sur le fait d'être « un être humain comme les autres, simplement là ». 

Marianne Berg est une enseignante et psychologue à la retraite. Elle travaille comme gardienne à Copenhague depuis trois ans et faisait auparavant partie du service de gardiennage d'Aarhus avant de déménager à Copenhague pour se rapprocher de ses enfants et petits-enfants.  

Quand on évoque le bénévolat de Marianne Berg comme gardienne de nuit, la réaction est généralement la même : soit ça doit être très triste, soit elle a de la chance de faire ce travail. Mais pour Marianne Berg, il n’en est rien.  

« Je ne trouve pas ça triste parce que ce ne sont pas des membres de ma famille. Et je pense que je fais quelque chose d'utile, de significatif. Le principe principal de la veillée funèbre est que personne ne devrait mourir seul s'il ne le souhaite pas. On ne vient pas au monde seul, et on ne doit pas le quitter seul non plus. Alors, de ce point de vue, je pense avoir fait quelque chose de sensé pendant ces trois heures passées là. »  

 

Répandre la parole 

Dans le cadre du service d'astreinte, Marianne Berg travaille dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les domiciles privés en collaboration avec les services de soins à domicile, si nécessaire.  

Le service de vigilance peut être contacté par les proches, mais d'après l'expérience de Marianne Berg, il est le plus souvent sollicité par des professionnels de santé. En tant que service de vigilance, vous devez également vous adresser à un professionnel de santé, même si ce sont les proches qui vous ont contacté. 

« À Copenhague, il y a étonnamment beaucoup de gens qui n'ont pas de famille. Et s'ils en ont, ils sont souvent très affectés émotionnellement. Ce ne sont donc pas eux qui doivent prendre cette décision. Ou bien, nous constatons régulièrement que les proches ont déjà fait leurs adieux et ne souhaitent pas être présents jusqu'au bout. » 

Marianne Berg explique que les proches peuvent avoir peur ou ne pas vouloir voir leurs êtres chers dans cette situation.  

Lorsque Marianne Berg est de service comme gardienne, elle est attentive aux sentiments de la personne qu'elle surveille. Parfois, elle pose une main sur son épaule ou lui tient la main. 

« Si vous pensez que la personne a changé dans sa façon de respirer, ou qu'elle commence à avoir l'air de souffrir, ou qu'elle devient agitée, alors bien sûr, vous devez savoir que vous pouvez appuyer sur la gâchette et contacter le personnel », explique Marianne Berg.  

En plus de ses fonctions de gardienne, Marianne Berg donne des présentations, entre autres, dans le cadre du programme de formation des assistants sociaux et de santé ou dans des maisons de retraite quelques fois par an afin de diffuser le message concernant le service de gardiennage. 

« Quand je donne des conférences, je dis qu'il ne faut rien faire. Il faut être capable d'être en présence de la mort et de l'être pendant les trois heures de son service. » 

 

Quelles sont les conditions requises pour être sous surveillance ? 

Dans le service de garde, on ne sait jamais quand le responsable des activités fera appel à un agent de sécurité. Lorsque Marianne Berg et ses collègues du service de garde reçoivent une demande, ils obtiennent une description du lieu, le prénom du patient et un bref résumé de son état de santé.  

Pour Marianne Berg, l'imprévisibilité du bénévolat est un aspect qu'elle apprécie. Le fait qu'il n'y ait pas de jour fixe par semaine, et qu'à certaines périodes elle puisse être disponible une fois par semaine, et à d'autres une fois par mois, voire moins, est un vrai plus.  

Selon Marianne Berg, l'équipe de Copenhague effectue en moyenne deux tâches par semaine, que le responsable des activités répartit en fonction des personnes qui indiquent pouvoir les prendre en charge, ou de celles qu'il juge les plus aptes à les accomplir.  

Il est rare qu'un accompagnateur puisse parler à la personne dont il s'occupe, car celle-ci dort souvent. Lorsque Marianne Berg est éveillée, elle passe généralement son temps à tricoter, à lire, à boire un café ou à écouter la respiration de la personne.  

 

Situations particulières  

Pour Marianne Berg, plusieurs situations vécues en tant que gardienne de maison de retraite l'ont particulièrement marquée. À un moment donné, elle a veillé sur une femme atteinte de démence dans une maison de retraite pendant plusieurs jours d'affilée.  

La chambre de la défunte était illuminée de guirlandes lumineuses et décorée de fleurs en papier. Son fils était à ses côtés l'après-midi, puis avait pris le relais le soir. Un soir, alors que Marianne Berg devait relayer son fils, elle lui demanda si sa mère aimait la musique.  

« Il a répondu qu'elle aimait la musique danoise et le schlager allemand. Alors j'ai trouvé les paroles de la chanson "Bright Red Rubber Boat" sur mon téléphone et je la lui ai chantée. Je ne sais pas ce qu'en a pensé le personnel. Une autre fois, des fils ont dit que leur père préférait les marches allemandes, mais ça ne m'a pas incité à jouer. J'aurais pu la trouver sur mon téléphone, mais j'ai pensé que ça aurait été un peu déplacé dans ce contexte. » 

Marianne Berg doit également veiller sur un homme à l'hôpital Rigshospitalet. À son arrivée, l'infirmière lui offre du café et du pain d'amande, et alors qu'elle s'installe auprès de l'homme dont elle doit s'occuper, l'infirmière lui demande si elle souhaite regarder la télévision.  

Un peu surprise, Marianne répondit qu'elle ne regardait généralement pas la télévision lorsqu'elle était éveillée, mais l'infirmière lui expliqua que plus l'ambiance serait chaleureuse et confortable, mieux ce serait. Marianne but donc son café, mangea du pain d'amande et regarda un match de football à la télévision. 

« Et puis soudain, j’ai entendu qu’il respirait différemment. Alors je me suis approchée de lui et j’ai posé ma main sur son épaule, et là, sa respiration m’a fait penser qu’il était mort », raconte Marianne Berg, avant de poursuivre : 

« C'est un excellent exemple, car l'infirmier a essayé de recréer ce sentiment de présence, comme lorsqu'on était enfant et qu'on entendait les adultes discuter et s'amuser à côté de soi avant de s'endormir. C'est très rassurant. Il a essayé de rendre l'atmosphère chaleureuse en diffusant une odeur de café et un match de football à la télévision. Je pense que c'était une bonne expérience. » 

 

Le respect de la vie  

Durant son service comme veilleuse, Marianne Berg a vu cinq personnes décéder sous sa surveillance. 

« On peut dire si la personne est là ou non. Forcément, ça marque. Et c'est normal. Ensuite, je pense à cette vie qui n'est plus. » 

La première fois que Marianne Berg en a fait l'expérience, elle est allée dîner seule, a bu un verre de vin et a porté un toast à la personne qu'elle avait veillée.  

Lorsqu'elle veille sur les patients à l'hôpital, il est difficile de se faire une idée de leur personnalité, alors qu'en maison de retraite, on peut mieux cerner qui ils sont. Il y a peut-être des photos de famille accrochées au mur ou des livres sur les étagères. 

« On croise de nombreux destins humains, même si ce n'est que par brèves apparitions, en l'espace de trois heures. On se fait donc une multitude d'impressions sur la vie des gens, ce qui, je pense, peut être enrichissant. » 

Si la personne dont vous avez la charge décède pendant votre service, le responsable d'équipe ou d'activité du service de surveillance vous contactera par la suite. 

« C’est bien d’en parler, pour pouvoir bien l’intégrer. Cela ne devrait pas être si pesant qu’on ne puisse pas dormir, par exemple », explique Marianne Berg.  

Le service de sécurité organise également des réunions d'équipe avec rotation des tâches. Selon Marianne Berg, il est important que l'équipe se rencontre et échange ses expériences, car la communauté de bénévoles joue également un rôle important.  

Mais pour Marianne Berg, le réveil est généralement une expérience paisible et calme, et ce qui lui reste avant tout, c'est le respect de la vie.  

« Un jour, ça s'arrêtera, pour nous tous. On ne sait pas si on aura 101 ans ou 50, comme la dernière personne dont je me suis occupé. Ou 16 ans, le plus jeune que j'aie accompagné. Alors, on éprouve du respect et de la joie d'être en vie. Peut-être aussi le sentiment qu'il faut profiter de la vie tant qu'on le peut. » 

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